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Plus de 150 ans d’une ligne historique

La première déclaration d’utilité publique date de 1868, la première circulation entre Nancy et Vézelise date de 1872, avant la fermeture de 2016 et la réouverture annoncée en 2027. Retour sur un siècle et demi d’histoire de la ligne ferroviaire Nancy – Contrexéville.

Imaginée au départ pour rejoindre Nancy à Vézelise, la ligne ferroviaire fut finalement prolongée jusqu’à Merrey, via Mirecourt, Vittel et Contrexéville.

Embranchements industriels

La première déclaration d’utilité publique fut publiée le 26 juillet 1868 : « Est déclaré d’utilité publique l’établissement du chemin de fer d’intérêt local de Nancy à Vézelise, avec embranchements sur le canal de la Marne au Rhin, sur les hauts fourneaux de Jarville, sur les mines de Vandoeuvre et sur la brasserie de Tantonville. »

Il s’agit donc avant tout de relier le chef-lieu de la Meurthe à une infrastructure de transport et à des sites industriels. Ainsi est-il précisé que la concession « comprend également (…) un embranchement vers la brasserie de Tantonville, se détachant du tracé principal près de la halte de Tantonville et se terminant à l’entrée des terrains dépendant de l’usine. » A la fin du 19ème siècle, la Brasserie de Tantonville passait pour être la plus grande brasserie française.

Le cahier des charges très précis prévoit la « largeur des accotements », les « fossés ou rigoles qui seront jugés nécessaires pour l’assèchement de la voie et pour l’écoulement des eaux », le « maximum de l’inclinaison des pentes et rampes […] à 0,020 mètre par mètre », les passages à niveau sur les routes impériales ou départementales qui seront munis de barrières et « d’une maison de garde toutes les fois que l’utilité en sera reconnue par l’administration. »

Compartiments réservés aux femmes voyageant seules

Le cahier des charges de 1868 prévoit également l’aménagement des wagons : « Les voitures de première classe seront couvertes, fermées à glaces ou à vitres, munies de rideaux, et auront des banquettes et des dossiers rembourrés. Celles de deuxième classe seront couvertes, fermées à vitres, et auront des banquettes à dossier. Les banquettes et les dossiers devront être inclinés et les dossiers seront élevés à la hauteur de la tête des voyageurs. (…) Le préfet pourra exiger qu’un compartiment de chaque classe soit réservé dans les trains de voyageurs aux femmes voyageant seules. »

Un deuxième décret de déclaration d’utilité publique est pris, le 8 avril 1873, pour prolonger la ligne entre Vézelise et Merrey. Cette nouvelle section doit desservir les sites thermaux alors en plein essor de Vittel et Contrexéville. Elle permet également l’expédition vers la France et vers l’étranger des eaux minérales des deux usines de réputation mondiale.

La ligne est ouverte en trois tronçons : Jarville – Vézelise, le 11 novembre 1872 ; Vézelise – Mirecourt, le 22 décembre 1879 ; Mirecourt – Merrey, le 1er mars 1881.   

En 1893, Vittel et Contrexéville sont directement reliées depuis Paris par le célèbre « Train des eaux ».

Deux gares « modern style »

D’abord construites sans recherche esthétique particulière, les gares de Vittel et Contrexéville sont rénovées, façon « modern style » en 1928 et 1932. La gare de Contrexéville se distingue par son haut toit pentu et son intérieur décoré de céramiques évocatrices des thermes.

En 2016, la ligne est interdite à la circulation en raison de sa vétusté.

Le 1er juillet 2024, le contrat de concession pour la réouverture de la ligne est signé entre la Région Grand Est, NGE, Transdev et la Banque des Territoires. 

La réouverture de la ligne Nancy-Contrexéville est prévue en 2027.